Sens-tu cette brise qui s’élève au loin ? Ce souffle qui tous les ans te murmure de te remettre en question, de faire ton bilan. En bon épicurien. Je vis de plaisirs petits et grands (pas uniquement en cm…) et dans la ville lumière des hommes pressés, ne prends plus le temps de me retrouver en tête-à-tête avec moi-même. Ce blog pourtant est le support idéal pour prendre du recul et faire mon bilan. Mon bilan, et surtout celui du blog de Matorif.
Pourquoi me suis-je fait si rare ? Petit coup d’oeil dans le rétroviseur. Où est passée cette année 2010 ? Qu’ai-je accompli ? L’acquisition de mon premier appart est incontestablement mon plus gros chantier de l’année passée. Toi qui me lis et qui seras peut-être bientôt tenté par le statut de primo-accédant, il s’agit d’une fantastique aventure, mais la route est longue et semée d’embûches ! Trouver la perle rare au milieu de taudis hors de prix, puis faire le tour des banques et enfin déménager (grâce à des amis très gentils qui excusent mon manque total d’organisation et mes cartons moyennement fermés…)… Une fois dans les murs, il reste à agencer son petit nid douillet : au menu quelques virées chez notre designer suédois préféré, de nombreuses questions existentielles dans les rayons bricolages, sans compter les litres de sueur versés et les prises de têtes obligatoires ! Mais c’est tellement bon de ne plus se dire que tous les mois on jette de l’argent par la fenêtre en réglant son loyer ; qu’au contraire l’on acquiert un centième de mètre carré ! (actuellement je dois être proprio…euh… de mes chiottes…) c’est grisant, mais ça prend du temps… Mon deuxième accomplissement de 2010 était déjà un objectif de fin 2009. L’obtention de la ceinture noire de karaté était sur ma todolist de mes 30 ans. Un défi lancé à moi-même : maîtriser mon corps, les mouvements, la puissance. Mes disques intervertébraux ne l’ont pas entendu de cette manière et m’ont joué des tours m’empêchant de la présenter avant mes 30 ans, et m’obligeant à m’entraîner davantage une fois rétabli afin de l’obtenir dans ma trentième année. Il faut imaginer le Matorif en pyjama blanc présentant devant les jurys ses katas (sortes de chorégraphies), expliquant les bunkai de ces derniers (applications pratiques des mouvements)… et exécutant différentes techniques d’attaque ou de défense (kihon). Cet art martial extrêmement codifié ne laisse aucune place à l’erreur. J’aime cette rigueur ancestrale, l’image de perfection par la répétition qu’elle véhicule. Mais là encore, 2 à 3 entraînement pas semaine, ça prend du temps… Mon troisième accomplissement ne dépend qu’à 50% de moi. Depuis un peu plus de 2 ans et demi, je partage mon quotidien avec mon « Choubidou », et notre relation a su évoluer en 2010 : nous avons emménagé ensemble, appris à nous supporter 24/7, et avons même été présentés à nos belles-familles respectives…
Le blog de Matorif a été la première victime de cet agenda surchargé. Mes billets se sont espacés. J’ai tenté plusieurs fois de reprendre la plume et vous raconter mon quotidien mais je dois me rendre à l’évidence : aujourd’hui, le blog ne fait plus partie de ma vie. J’entends dire par mes amis « blogueurs » qu’à l’heure de facebook et de twitter, les blogs sont de l’histoire ancienne. Il s’agit pourtant d’un mode d’expression différent : le blog n’est pas qu’instantané, mais permet une liberté de parole incroyable qui n’est pas limitée à 140 caractères… Je reste attaché à ce medium que l’on considère encore « influent ». Ce blog m’a énormément apporté, beaucoup plus que je ne l’imaginais. Il a permis au petit provincial que j’étais de pénétrer (!) la pédéblogosphère parisienne et rencontrer des gens adorables. Et écrire est tellement stimulant : j’ai adoré bluffer mes lecteurs en racontant ma rencontre avec une petite pédale, épiloguer sur un contact particulièrement marquant, vous faire partager mes aventures et déboires sentimentaux par le biais des dragues attitudes. Vous avez été indulgent envers ma Zaconite aigue qui m’a valu un nombre incroyable de commentaires particulièrement intéressants d’un point de vue sociologique (« nan mé Zac il é tro bo tu pe pa dir kil et gay »…) sans oublier mes tentatives de vulgarisation de l’homosexualité expliquée aux hétéros (j’avais encore de nombreux articles en préparation sur cette thématique !). J’ai aimé prendre le temps de trouver les mots justes pour des sujets plus difficiles à aborder comme la détresse d’une vie gay non assumée ou mon coming out. Ce dernier billet a été particulièrement commenté ce qui m’a beaucoup touché. A mon sens, les blogs ne sont rien sans leurs lecteurs fidèles ou volages avec qui l’on tisse des liens virtuels qui rendent la toile tellement plus chaleureuse. Merci à vous que j’ai eu la chance de rencontrer qui êtes désormais plus que des pseudos : Henrisson, Matoo, Colin Ducasse, Ikare, Arthur, Bernard L Pivot, les coxxiens, Beur Boy, Incipio, et à ces lecteurs que je ne connais pas ou si peu mais dont j’ai apprécié les nombreux commentaires : MarcelD, Chondre, Toli, RomainB, Gautier, l’adorable Polyphème, Quido, Procellus, Fab, Al, Ditom, Gonzague, Rouge Cerise, One year, Thanos et tous les autres.
Il est temps pour moi de tirer ma révérence et de me fixer de nouveaux objectifs pour 2011. Je me donne un nouveau souffle, une nouvelle chance de m’accomplir dans d’autres domaines. Mais avant, je tenais à vous saluer dignement et vous dire combien j’ai aimé partager ces années avec vous.
Si vous voulez m’accorder un dernier plaisir numérique, prenez le temps de (re)lire les articles évoqués ci-dessus. C’est ce que j’ai écrit de mieux.
bye,
AlEx
matorif@gmail.com







