la nouvelle campagne de AIDES
matorif | 22 janvier 2010le buzz du jour ! Vraiment réussie :
le buzz du jour ! Vraiment réussie :
Il utilisait ce même ton monocorde pendant son allocution dans une Eglise pleine à craquer. Toute la ville s’était déplacée pour rendre un dernier hommage au défunt. Après que son ami d’enfance eut rendu un vibrant hommage remuant des souvenirs que j’avais aussi partagés et qui me serraient le coeur, il avait pris la parole pour entamer un discours sans âme, évoquant de froides données factuelles comme son brillant parcours scolaire ou ses aptitudes sportives là où on aurait plutôt aimer qu’il nous raconte quelques anecdotes. Nous savions tous qu’il utilisait ces mots pour se blinder et ne pas craquer. Nous le comprenions intuitivement. Pourtant, j’étais probablement le seul à comprendre la portée de ses paroles, ou plutôt le véritable sens caché derrière ces platitudes.
“je suis homosexuel, j’étais éperdument amoureux de cet homme que vous pleurez tous aujourd’hui et qui ne voyait en moi qu’un ami. Je l’ai vu mourir sous mes yeux, je suis dévasté, et pourtant vous ne le saurez jamais…” Voilà la réalité. Seulement dans une petite ville comme la notre, il avait choisi comme d’autres - dont moi - de taire sa préférence sexuelle. Il prenait soin de toujours séparer ses frasques et sa vie sociale afin que rien ne le trahisse. J’étais la seule exception à l’époque puisque j’avais été son premier amant et que nous avions été amis. J’étais le seul à avoir pleinement conscience du lien qui unissait ces deux hommes et une partie des larmes que j’ai versées ce jour là, l’ont été pour cette raison.
Aujourd’hui encore, j’ignore s’il s’en est remis. Lui qui excelle dans l’art de masquer ses sentiments ne s’est dévoilé qu’une fois en ma présence de nombreux mois plus tard. Il s’en voulait énormément de n’avoir pas pu exprimer ce qu’il ressentait ce jour là. Je pense qu’il a apprécié que je lui dise qu’au moins une personne dans l”assistance avait compris ses véritables sentiments et toute sa détresse. Quelque chose s’est brisé en lui suite à cet accident. La perte d’un être aimé est forcément particulièrement douloureuse mais ne pas pouvoir exprimer sa douleur, porter le deuil ou simplement ne pas pouvoir dire au revoir est insoutenable.
On me demande parfois pourquoi je ne suis pas plus “discret” avec ma sexualité, pourquoi je “m’expose”, même si dans mon “cas” ça ne se “voit pas”. Pour Lui. Pour que d’autres Lui puissent avoir le droit de pleurer un être cher, de chérir son souvenir et d’aimer au grand jour.
Et puis, je trouve toujours le temps de suivre les histoires de cul coeur de mes amis, et essaie de leur prodiguer le cas échéant des conseils qu’ils ne suivent jamais, même s’ils me disent 3 mois après que j’avais raison… Chaque séance de coaching sentimental étant l’occase d’une bonne bouffe ou d’une beuverie mémorable, on ne s’ennuie pas !
Et ce week-end, entre deux visites à la banque et une petite soirée avec des potes, je me suis retrouvé chez moi, et j’ai pris la peine de souffler. J’ai arrêté de courir après mon agenda. Je me suis mis à mon piano, que j’avais délaissé depuis un moment. J’ai regardé le ciel et j’ai réalisé quelque chose d’essentiel
Je suis HEUREUX. Heureux d’avancer dans la vie, heureux d’avoir tous ces amis, heureux de revoir ma famille bientôt, et surtout.. heureux d’être avec LUI.
Alors qu’avec la nouvelle année le calendrier des Dieux du stade approche, cette petite vidéo de 2007 qui a déjà fait le tour de la toile nous rappelle que les petits anglais savent aussi se débrouiller :
Originaire du sud-ouest, j’aurais bien aimé que les rugbymen de ma région soient aussi… euh… gay friendly ? pour ne pas dire ouvert !
J’essaie de compenser mon manque d’assiduité par des vidéos et des titres racoleurs… Mais je sais que vous ne m’en voudrez pas car ils sont bien mignons quand même !
Les dessins animés pour enfants ont bien changé…
Bla bla bla