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A contre-temps

12 mai

Mon corps est ici. Mais mon esprit erre encore là bas… Alors que je marche dans Paris, je remarque une dissonance : moi. En ce lundi après-midi pourtant ensoleillé, les passants battent le pavé d’un tempo oscillant entre allegro et presto. Je souris en les observant. Je suis parfaitement conscient que dans quelques jours, j’aurais repris leur rythme. Ce déphasage momentané me plaît. J’y succombe avec un plaisir non dissimulé. J’ai volontairement revêtu ma parure de vacancier : tongs et pantacourt, comme un défi face à cette pression environnante.

Demain, la vie m’imposera son rythme au refrain tellement connu : métro-boulot-dodo. Mais aujourd’hui, mon esprit est encore sur ce lit suspendu au bord de la mer des caraïbes. Les chiens dorment à côté de moi. Je dois les observer plusieurs secondes avec attention afin de m’assurer qu’ils ne sont pas passés de vie à trépas. La chaleur est tellement harassante qu’ils peuvent passer des heures entières sans bouger, à l’ombre d’un palmier. Je me balance tranquillement en écoutant les vagues mourir sur le rivage. Je prends une poignée de sable et le laisse s’égrener. J’aime cette sensation de mouvement lent comme une caresse dans le creux de ma main. Paris, je t’aime, mais l’espace d’une journée, j’avance à contre-temps.

 

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  1. Arthur

    17 mai 2008 at 17:21

    Ces photos, juré mon ami, c’est là où j’étais il y a un an, exactement là ! :)

     
  2. Arthur

    17 mai 2008 at 17:23

    …Tulum si je ne m’abuse d’ailleurs…

     
  3. Luis Mariano

    17 mai 2008 at 20:24

    Je te confirme que j’ai croisé ton esprit hier à San Luis, il hantait quelqu’un de Cuidad Victoria qui a dix ans de moins que moi aujourd’hui… Bon courage pour le retour!

     
  4. matorif

    17 mai 2008 at 21:08

    @ Artie : bien vu ! c’est tout à fait ça

    @ Luis Mariano : voici le moment de citer Christophe Rippert « c’est un amour de vacances, une histoire sans lendemain, mais à laquelle on repense les yeux pleins de chagrin… »