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Le mariage de mon premier ami

10 sept
                               Il a toujours fait partie de ma vie. Je ne concevais pas mes vacances sans lui. Il venait passer l’été à la mer et j’étais son copain français. Nos parents ont un nombre incroyable de photos de nous deux en train de faire des châteaux de sable. Aux journées à la plages se succédaient les soirées jeux de société, petites voitures, et toutes les bétises qui pouvaient nous traverser l’esprit. Nos parents échangeaient leurs enfants. J’allais régulièrement dormir chez eux tandis que son grand frère venait chez moi, jouer avec le mien. Ils avaient leurs jeux de grands, ils draguaient les filles et des fois nous embêtaient un peu…  Nous sommes devenus amis avec le petit-fils de leur bailleuse. Il habitait Londres. Le trio infernal ! En y repensant, je réalise que mon attachement à l’Europe, et ma faculté à m’adapter aux autres vient de là. Petit-fils de Danois, la moitié de ma famille parle une langue que je ne comprends pas, mais celà ne m’a jamais empêché de jouer avec mes cousins. Les enfants utilisent le même langage : celui de l’innocence et du rire. Celà s’applique aussi aux petits allemands et aux petits anglais (mais ceux-ci étaient bilingue. J’étais le seul à ne parler que français et j’en éprouvais une certaine honte).  

                               Lorsque j’ai du choisir ma deuxième langue, j’ai bien évidemment choisi l’allemand. Non pas pour être dans une « bonne » classe comme la plupart de mes camarades, mais uniquement pour mieux le comprendre, lui. Pourtant le cap de l’adolescence fut difficile : l’intégration dans mon nouveau collège était douloureuse et s’additionnait aux doutes qui accompagnaient mes premiers émois… gay, et donc cachés. Nous parlions assez peu de nos histoires de coeur. Il était particulièrement pudique sur ce point et cela m’a toujours étonné. Il aurait pu sortir avec n’importe qui. Il n’avait pas conscience de sa beauté plastique et surtout de son charme. Nos soirées  »jeux de sociétés » sont devenues des soirées sur la plage à chanter, picoler et déconner. Je lui présentais mes amis. Parmi ceux-ci figurait sa future femme. 

 

                               Et me voici aujourd’hui à l’Eglise. J’aime à penser que ma présence le rassure en cet instant particulièrement important pour lui. Il est entouré de sa famille et de tous ses amis. Eux aussi le connaissent depuis longtemps. Il est fidèle en amitié comme en amour. Respecteux, dévoué. Je sais qu’il fera un mari et un père idéal, tout comme il est un déjà un ami sincère. Je suis ému de le voir sortir de l’Eglise accompagné de celle qui sera désormais sa femme. Je ressens plus que jamais la distance qui me sépare de mon enfance et mesure le chemin parcouru. Il entame un nouveau chapitre de sa vie…
 

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  1. Polyphème

    11 septembre 2008 at 14:32

    L’effet « mariage » où on revoie tout le monde qui change, grandit, vieillit…J’ai écrit un truc là-dessus fin juillet…C’est terrible. (gros cafard)

     
  2. matorif

    22 septembre 2008 at 13:44

    @ Polyphème : ça me rend un peu nostalgique, mais ça ne me fait pas déprimé. Je suis content de ne plus être un ado transparent, et d’avoir une vie sentimentale ! l’évolution est plutôt positive. Après je ne dirai peut-être pas la même chose dans 10 ans…