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Archive for février, 2009

Oscar ou l’allergie aux céphalopodes…

23 fév
Tous les ans, j’aime bien écouter son opinion. Celle d’un vieux briscard. Son petit accent anglais lui donne un charme fou, que notre sage à nous, sorti des romans de Pagnol, ne parvient pas à imiter. Tous les ans, ceux qu’il met en lumière deviennent incontournables, et je prends plaisir à confronter mon opinion à la sienne. Cette année encore, je me range à ses choix. Globalement… Mon chauvinisme s’est toutefois trouvé attaqué lorsqu’il a refusé d’accorder la récompense suprême à de jeunes réalisateurs français. Pourtant, ces petites bestioles n’étaient pas dénuées de charme !
 
 
J’en déduis que mon ami oscar est allergique aux céphalopodes, voire aux produits de la mer ?? C’est ballot parce que je comptais justement lui présenter mes nouveaux amis planKtons !
 
Bon ok, ils sont un peu obsédés…
 
 
Le site officiel du court-métrage Oktapodi : http://www.oktapodi.com/
Pour en savoir plus surl’invasion prochaine des  planktons : http://www.planktoninvasion.com/
 

Drague attitude (12) // Les M.I.B de Dieu

18 fév
C’était une journée ordinaire, il faisait beau, je me baladais dans le marais. Une journée exceptionnelle même, je n’étais pas en retard. Je m’occtroyais le rare luxe de flanner au lieu de courir et envoyer des textos mensongers : « j’arrive dans 5 min… » sachant que j’étais à 1/4 d’heure minimum du point de rendez-vous… (Oui, je sais c’est mal, j’essaie de dougsavant1.jpg m’améliorer !). C’est alors que deux choupinous sont apparus dans mon champ de vision. Ils avaient des têtes d’américains. J’aurais du mal à vous définir à quoi ressemble un américain, mais pour vous donner une idée, je dirais que le portrait robot de ce « John Doe » serait Doug Savant l’ancien  »gay de service sans vie sexuelle » de Melrose Place, aujourd’hui mari de Lynette à Wisterlia Lane. Je parle bien entendu des américains fuckable, pas des gros moches genre Michael Moore qui – eux – demeurent transparents malgré leurs pantalons xxl… Nous marchons donc sur le même trottoir,  ils avancent vers moi ; eux non plus n’ont pas l’air pressé. Je les entends parler en anglais – BINGO !- , ils ont l’air perdu et m’apostrophent – BINGO ! bis -. Je pris alors le temps de les étudier : Ils étaient vraiment choupinous de près ! leurs costumes d’un ton incroyablement classique et leur coupe de cheveux impeccable leur donnait ce petit charme désué si caractéristique des hétéros propres sur eux. Et comme je suis polyglotte (miam ! j’adore ce mot, moi) et que je ne suis pas le dernier à pratiquer toutes les langues lorsque j’en ai l’occasion (qui a dit trainée ?),je les aidais à trouver leur chemin. Après tout, nous étions dans le marais, ils pouvaient s’agir d’hétéros curieux ! J’étais célibataire, j’avais du temps devant moi, la configuration était idéale !  

 

Alors que j’étais en train d’enchaîner les pensées cochonnes caractéristiques du célibataire en chasse, une question à laquelle je ne m’attendais pas du tout vint anéantir mes rêveries.

Do you believe in God ?

Petite apparté afin de vous expliquer le raisonnement des blonds. Je prends comme unité de mesure le 1/4 de seconde parce que je suis blond foncé. Si vous tombez sur une vraie blonde platine, vous pouvez utiliser des secondes pleines voire des minutes…

- Premier quart de seconde : je rêve, ces deux choupinous me parlent de Gode ?? Ils sont finalement bien plus délurés que je ne le pensais…

- Deuxième quart de seconde : non, ils me demandent réellement si je crois en Dieu, mince ! C’est quoi cette embrouille ?

- Troisième quart de seconde : Où est la caméra ? C’est un coup de Marcel Béliveau ? Il est reviendu du Québec ?

- Quatrième quart de seconde : Je les observe plus attentivement et remarque ce détail qui m’avait échappé sur la veste du costume : un badge de l’Eglise de je sais plus quoi. Il s’agissait de prêcheurs !

 

Là, j’ai compris que c’était mort. Je ne pourrais pas me taper défendre la réputation des français  « meilleurs amants du monde «  avec ces américains. Restait à préparer ma sortie. Je baffouillais un « hum… » un peu long suivi d’un « yes » peu convaincant. En langage Matorif cela signifiait : « je m’en fous de ton Dieu, tu veux pas plutôt aller boire un verre ? ». Visiblement ils n’ont pas su décoder le message et ont insisté me demandant si je pratiquais (la religion), etc. Le bombardement de question s’intensifiait rapidement et j’ai préféré prendre le taureau par les cornes :

You know what ? I’m gay and I’m not sure that your God could bear the way I live my life, and how I spend my nights : sucking, fucking with boys and things you couldn’t imagine… that’s why I don’t go to Church anymore. So, bye !! Have a nice day !!

Je suis reparti leur faisant un petit signe de la main. J’ai observé, ra-vi, leur mine défaite. Ils demeuraient interdits et devaient déjà prier pour le salut de mon âme. Je me sentais comme Carrie Bradshaw à la fin d’un épisode de Sex & the city, fier de ma vie, et de cette occasion qui m’avait été donnée d’affirmer ma différence face à l’obscurantisme. Telle ma blonde préférée, je me dirigeais d’un pas certain vers ce bar qui saurait me servir ce cosmopolitain qui me faisait tant envie à cet instant précis.
 

Le testament oublié

04 fév
Toutes les familles ont leurs histoires, leurs secrets. Polyphème nous a présenté avec talent celui de sa cousine Circé. A mon tour… 

 

route.jpg Cela faisait un moment que nous ne nous étions pas tous retrouvés ensemble en voiture. Toute la famille réunie : mon père et ma mère à l’avant, mes deux frères et moi à l’arrière. Chacun à sa place habituelle, celle que nous revendiquions étant enfants lorsque nous partions en vacances. Je me mettais systématiquement sur la droite (la place du petitdernier quipeutvomirrapidement encasdemaldestransports…). Seulement cette fois là, nous n’étions plus des enfants et l’occasion était spéciale. Nous revenions de l’enterrement de mon grand-père. A la tristesse de l’événement se mêlait le plaisir de nous retrouver ensemble, comme avant. Ces émotions antagonistes partagées – à mon sens – par tous les passagers créaient une atmosphère particulière, propice aux révélations. 

 

L’histoire que notre père raconta ce jour là, fût particulièrement troublante. Bien que né à Paris, il a toujours eu une tendance à l’exagération, caractéristique typique des gens du sud mais plus exotique si l’on tient compte de ses origines nordiques (ma famille est un peu difficile à comprendre parfois). Le ton de sa voix ne laissait pourtant planer aucun doute quant à la sincérité de ses propos. Mon père habitait à proximité de chez mes grands parents (3 heures de route alors que les autres vivaient dans un autre pays…). Il a effectué de nombreux allez/retour afin de soutenir ma grand-mère alors que mon grand-père était sur son lit de mort. Le soir de son décès il était bien entendu là-bas dans leur grande maison isolée au fin fond de la Dordogne. Lorsqu’il est finalement parvenu à s’assoupir, c’est pour retrouver en rêve celui qui venait de passer de vie à trépas. Dans son rêve, mon grand père hurlait à une personne que mon père ne pouvait voir qu’elle « n’avait pas le droit de faire ça ». Sa voix résonnait avec une telle violence que mon père s’est alors réveillé en sursaut. Il a évidemment mis cet étrange cauchemar sur le compte de la fatigue et du traumatisme dû au décès d’un proche. Il tenta tant bien que mal de se rendormir tout en notant que la lumière du salon était encore allumée à cette heure tardive…

 

testament2.jpg Ce n’est que quelques jours plus tard qu’il fît le rapprochement. IL n’avait pas été déposé en lieu sûr et demeurait introuvable. certains doutaient même qu’IL existe. Le testament de mon grand-père avait disparu. Il avait pourtant laissé entendre qu’il était dans la maison. A cet étape là du récit de mon père, ma formation de juriste a repris le dessus et je commençais à débiter mes classiques de droit des successions : le notaire est ton ami, le meilleur moyen pour faire respecter tes dernières volontés… Mon père m’a rapidement coupé afin de nous faire part de sa compréhension des évènements. Il a passé énormément de temps avec mon grand-père avant son décès. Il ne s’intéressait pas au testament mais connaissait son existence. La seule raison valable de sa disparition était que quelqu’un l’avait subtilisé. Il nous rappela alors son cauchemar qui l’avait visiblement marqué. Son père criait après quelqu’un, et lorsqu’il se réveilla, la lumière était allumée près du bureau où aurait dû se trouver le précieux document… La seule personne présente dans la maison ce soir-là était ma grand-mère : Un testament permet de céder les biens appartenant en propre au défunt (on exclut les biens appartenant aux deux conjoints) à la personne de son choix (sans toutefois avoir la possibilité d’exhéréder les héritiers). En l’absence de ce derniers, tous les biens lui reviennent, ils ne seront partagés entre leurs enfants que lors de son décès.

 

Le voiture continua à rouler pendant un moment sans que personne n’ose interrompre le silence pesant provoqué par ces révélations. Tous les passagers connaissaient suffisamment ma grand-mère pour considérer cette hypothèse comme plausible. Il aurait suffit que mon Grand-père veuille céder un objet à une personne qu’elle n’appréciait pas pour qu’elle détruise l’ensemble du testament. Mais cette hypothèse reposait tout de même sur un cauchemar de mon père ! Pourtant je ne pourrais pas dire qu’il est d’habitude sujet aux théories ésotériques. Je le qualifie plutôt de cartésien, ce qui donnait encore davantage de poids à ses propos.

 

Cette théorie n’a jamais été étayée par aucun indice, mon père aurait eu bien du mal à justifier ses doutes ! Une seule certitude demeure : personne n’a jamais retrouvé le testament de mon grand-père…