RSS
 

home sweet home

14 juin
Les automatismes reviennent immédiatement. Pourtant j’ai grandi. C’est moins par peur que par respect que j’agis ainsi, même si aujourd’hui comme hier je sais que je ne trompe personne. Mon père a toujours eu le sommeil léger. C’est ça d’avoir un papa marin, prêt à partir sur le pont au moindre bruit suspect. Pourtant je m’acharne contre cette porte que je connais par coeur, je sais à quel moment elle va couiner et essaie tant bien que mal de masquer ce bruit qui pourrait réveiller la maison endormie.

Depuis que je suis tout petit, j’ai tenté de domestiquer les sons de la nuit. Ceux qui trahissent ma veillée à une heure tardive et indue : petit, la porte du salon et l’escalier étaient mes ennemis jurés. Je comptais les marches afin d’éviter celle qui grinçait le plus. Adolescent, les sorties en boîtes m’ont contraint de relever un nouveau challenge : la porte d’entrée et ses nombreux pièges. Insérer la clef dans la serrure et ouvrir la porte, maîtriser la résistance naturelle du joint d’isolation, passer discrètement devant la chambre de mes parents… A cet âge, nous sommes tous des ninjas, maîtres des ombres redoutant la moindre erreur qui pourrait dévoiler notre présence. L’ennemi peut-être fourbe. Il connaît l’art du bluff (du style : Je t’ai entendu, tu es rentré bien tard hier…). Ne se résigner que lorsque les preuves sont accablantes (à telle heure, d’ailleurs tu as fait tomber les clés…)… oups !

Seulement, je ne me doutais pas que mes parents avaient posé certains pièges à l’attention de leurs enfants ! J’en ai découvert un par hasard la dernière fois que je suis descendu dans le sud :

niveau-ricard.jpg

Cette photo vous parait anodine. Remarquez cette marque au stabilo avec une date. J’ai demandé à mon papa de quoi il s’agissait. La réponse surprenante m’a beaucoup amusé. Il s’agit d’un point de repère. Lorsqu’il s’absentait il constatait un diminution importante du niveau de certaines bouteilles de son bar. Bizarrement, il n’a pas cru une seconde que l’alcool pouvait s’évaporer… Afin de débusquer le malotru qui osait s’attaquer  à ses bouteilles, il l’avait piégée !! On a les enfants qu’on mérite, parfois légèrement portés sur la bouteille… mais en même temps, qui pourrait résister au format familial (4,5 litres) de Ricard ?

 
 

Leave a Reply

 
 
  1. chondre

    14 juin 2009 at 17:55

    Non, sans blague, cela existe le format familial de 4.5 litres?

     
  2. Polypheme

    18 juin 2009 at 10:22

    Le plus inquiétant n’est pas ta consommation d’alcool, le plus inquiétant est que tu consommes du RICARD !!
    C’est pas de la boisson de tantouze, ça !! ;)

     
  3. matorif

    20 juin 2009 at 1:38

    @ chondre : c’est l’avantage lorsque tu habites près de la frontière espagnole, tu y trouves les formats « familiaux » ;-)

    @polyphème : je sais, mais ça passe tellement bien l’été…