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billets rangés dans ‘A fleur de peau’

Un an de plus

02 déc

clocks.jpg Chaque année, le même coup d’œil dans le rétroviseur. Je contemple le temps passé ; l’occasion de dresser un rapide bilan. La route est parfois sinueuse. Quelques obstacles ont tenté de me faire bifurquer. Mais j’ai persévéré. Je m’arrête quelques instants afin de reprendre mon souffle et faire le point. Métro, boulot, dodo. Qu’ai-je accompli. Où en sont mes aspirations ? J’avais lu, petit, une fable racontant l’histoire d’un homme au crépuscule de sa vie qui se retrouve confronté à lui-même plus jeune. Un dialogue s’engage alors et il en vient à réaliser que sa réalité est bien loin de ses aspirations de jeune homme… et se suicide.

Je ne veux pas être cet homme. Et en même temps, la routine s’empare de nous avec une facilité déconcertante sapant peu à peu notre volonté. J’ignore comment font les autres. Ne doutent-ils jamais ? Je suis toujours admiratif lorsque je vois ces gens qui semblent avoir foi en eux. Ils savent qu’ils réussiront. Coûte que coûte. A l’aube de ma dernière année dans la vingtaine, le compte à rebours est lancé. Je m’étais fixé des objectifs à atteindre avant 30 ans, dans divers domaines qui me tiennent à cœur. Je sais désormais qu’il me reste 365 jours pour les accomplir. En les listant ici, je m’impose une pression supplémentaire celle du jugement potentiel des lecteurs qui se rappelleront cet article dans un an.

Au niveau professionnel, j’ai la chance de faire un métier qui me plaît dans un milieu fascinant. L’objectif a été atteint avec ma récente promotion.

Au niveau sentimental, je ne me suis jamais vraiment imposé d’objectif. C’est sûr, j’ai déjà pensé que « être célibataire à 30 ans ça craint ».  Seulement j’ai aussi parfaitement conscience que si l’on peut tenter de mettre le maximum de chances de son côté, le petit Eros est le seul à décider s’il tirera sa flèche… Je m’estime chanceux, et j’espère que ça va durer !!

Après les logements étudiants, la vie de couple pendant un peu plus d’un an, une petite année dans un appart vraiment trop petit et déjà 2 ans de coloc, l’idée d’avoir mon chez moi pourrait être un objectif. La crise aidant, cette possibilité est plus que jamais d’actualité. Mais en même temps, je me suis laissé dire que les banquiers étaient plutôt radins en ce moment, et je ne me vois pas vivre dans un placard à balai. Je ne peux pas me fixer comme objectif de gagner au loto !! (ni de me prostituer… quoique ;-) )

365 jours pour m’accomplir :

 

  • Dans le domaine sportif en obtenant ma ceinture noire de karaté. Je suis obligé d’attendre un an après l’obtention de la ceinture marron. Je pourrai donc la passer en juin prochain. Une saison pour s’entraîner, transpirer, améliorer la précision de chaque mouvement…
  • Dans le domaine artistique en parvenant enfin à finaliser un « set ». Finir mes compos, y ajouter des textes, me créer mon univers musical dont je ne perçois aujourd’hui que les contours. Et finalement me produire en public (pourquoi pas ?), devant ces juges ultimes.

 

Rendez-vous dans un an.

 

L’histoire de ma peluche

24 nov
yoshi.jpg 30 cm de haut, de grands yeux rigolos, un nez proéminent, une fourrure toute verte. C’est ce que vous pourrez trouver sur mon lit. Une peluche d’un héros de Nintendo qui devrait occuper la chambre d’un otaku ou d’un gamin de 10 ans plutôt que celle d’un grand garçon de bientôt 29 ans !  

 

J’aime que les objets racontent une histoire, même si le premier venu ne peut évidemment pas s’en rendre compte.  Cette photo de moi lorsque j’étais enfant accrochée sur mon mur n’est pas la démonstration d’un narcissisme exacerbé mais un souvenir de mes grands-parents qui l’affichaient dans la salle à manger, et que j’ai fait déplacer ado parce que j’étais gêné d’apparaitre tout nu dessus ! Cette coupelle sur la cheminée, ne me sert pas qu’à brûler du papier d’Arménie, elle me rappelle mon premier voyage en Amérique latine, à la découverte de nouveaux horizons. Cette boîte dans laquelle je range mes colliers et ma médaille de baptême vient du Maroc. J’ai passé un temps fou à essayer de la trouver en compagnie de mon frère qui négociait pour moi dans les souks de Marrakech… 

 

Cette peluche que j’ai appris à serrer dans mes bras lorsque je m’endors à elle aussi une histoire. Un cadeau né d’un délire comme ceux que seuls les amoureux peuvent créer : ce monde qui n’appartient qu’à eux, peuplé d’anecdotes, de regards entendus, de mots codés, de gestes à peine esquissés. Yoshi appartient à notre monde. Inutile d’en préciser les raisons; disons plutôt que j’aurais bien du mal à expliquer l’arrivée de ce dinosaure dans notre quotidien. Il est désormais notre « animal totem ». Une petite boule de coton toute mignonne ! Pour nos 6 mois j’avais décidé de lui en offrir une, afin qu’il puisse la serrer contre lui lorsque je ne suis pas là. Je l’imaginais déjà contre lui sous la couette.. Alors que je ne m’y attendais absolument pas, il me demanda de regarder sous mon lit. Un cadeau s’y trouvait.. Une peluche Yoshi ! nous avions eu exactement la même idée ! Depuis lorsque je m’endors en serrant yoshi dans mes bras je sais qu’il fait de même, chez lui. Evidemment lorsqu’il vient dormir chez moi, mon dinosaure quitte mes bras pour la table de chevet. Je prends le temps de le tourner afin qu’il ne nous observe pas. Il y a des choses qu’on ne peut pas faire devant les petits !

  yoshi-peluche.jpg

« Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction » 

(A. de Saint-Exupéry)

 

Le mariage de mon premier ami

10 sept
                               Il a toujours fait partie de ma vie. Je ne concevais pas mes vacances sans lui. Il venait passer l’été à la mer et j’étais son copain français. Nos parents ont un nombre incroyable de photos de nous deux en train de faire des châteaux de sable. Aux journées à la plages se succédaient les soirées jeux de société, petites voitures, et toutes les bétises qui pouvaient nous traverser l’esprit. Nos parents échangeaient leurs enfants. J’allais régulièrement dormir chez eux tandis que son grand frère venait chez moi, jouer avec le mien. Ils avaient leurs jeux de grands, ils draguaient les filles et des fois nous embêtaient un peu…  Nous sommes devenus amis avec le petit-fils de leur bailleuse. Il habitait Londres. Le trio infernal ! En y repensant, je réalise que mon attachement à l’Europe, et ma faculté à m’adapter aux autres vient de là. Petit-fils de Danois, la moitié de ma famille parle une langue que je ne comprends pas, mais celà ne m’a jamais empêché de jouer avec mes cousins. Les enfants utilisent le même langage : celui de l’innocence et du rire. Celà s’applique aussi aux petits allemands et aux petits anglais (mais ceux-ci étaient bilingue. J’étais le seul à ne parler que français et j’en éprouvais une certaine honte).  

                               Lorsque j’ai du choisir ma deuxième langue, j’ai bien évidemment choisi l’allemand. Non pas pour être dans une « bonne » classe comme la plupart de mes camarades, mais uniquement pour mieux le comprendre, lui. Pourtant le cap de l’adolescence fut difficile : l’intégration dans mon nouveau collège était douloureuse et s’additionnait aux doutes qui accompagnaient mes premiers émois… gay, et donc cachés. Nous parlions assez peu de nos histoires de coeur. Il était particulièrement pudique sur ce point et cela m’a toujours étonné. Il aurait pu sortir avec n’importe qui. Il n’avait pas conscience de sa beauté plastique et surtout de son charme. Nos soirées  »jeux de sociétés » sont devenues des soirées sur la plage à chanter, picoler et déconner. Je lui présentais mes amis. Parmi ceux-ci figurait sa future femme. 

 

                               Et me voici aujourd’hui à l’Eglise. J’aime à penser que ma présence le rassure en cet instant particulièrement important pour lui. Il est entouré de sa famille et de tous ses amis. Eux aussi le connaissent depuis longtemps. Il est fidèle en amitié comme en amour. Respecteux, dévoué. Je sais qu’il fera un mari et un père idéal, tout comme il est un déjà un ami sincère. Je suis ému de le voir sortir de l’Eglise accompagné de celle qui sera désormais sa femme. Je ressens plus que jamais la distance qui me sépare de mon enfance et mesure le chemin parcouru. Il entame un nouveau chapitre de sa vie…
 

Jardin secret

18 juil
Des sentiments opposés se heurtent en moi. Indéniablement, je suis bien, heureux comme je ne l’ai pas été depuis longtemps. Une rencontre récente et qui me paraît pourtant déjà si loin tant mes journées paraissent denses en sa compagnie. Une relation naissante dont j’apprécie chaque instant. Et pourtant, même si je l’évoquerai au détour de quelques anecdotes, je prends plaisir à cultiver le jardin secret de notre relation : unique, intense, charnelle…
 

A contre-temps

12 mai

Mon corps est ici. Mais mon esprit erre encore là bas… Alors que je marche dans Paris, je remarque une dissonance : moi. En ce lundi après-midi pourtant ensoleillé, les passants battent le pavé d’un tempo oscillant entre allegro et presto. Je souris en les observant. Je suis parfaitement conscient que dans quelques jours, j’aurais repris leur rythme. Ce déphasage momentané me plaît. J’y succombe avec un plaisir non dissimulé. J’ai volontairement revêtu ma parure de vacancier : tongs et pantacourt, comme un défi face à cette pression environnante.

Demain, la vie m’imposera son rythme au refrain tellement connu : métro-boulot-dodo. Mais aujourd’hui, mon esprit est encore sur ce lit suspendu au bord de la mer des caraïbes. Les chiens dorment à côté de moi. Je dois les observer plusieurs secondes avec attention afin de m’assurer qu’ils ne sont pas passés de vie à trépas. La chaleur est tellement harassante qu’ils peuvent passer des heures entières sans bouger, à l’ombre d’un palmier. Je me balance tranquillement en écoutant les vagues mourir sur le rivage. Je prends une poignée de sable et le laisse s’égrener. J’aime cette sensation de mouvement lent comme une caresse dans le creux de ma main. Paris, je t’aime, mais l’espace d’une journée, j’avance à contre-temps.

 

Etre romantique

06 mar


« Etre romantique, c’est ajouter des petits détails à la vie pour en faire un grand truc » *

tout est dit…

* : Claire, interrogée dans Têtu n°130