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billets rangés dans ‘A fleur de peau’

Big fish

08 oct

Parfois, les lames sont plus acérées qu’on pourrait le penser. Tranchantes. Les liens du destin se rompent, la roue de fortune continue de tourner le laissant avec ses souvenirs. Eux aussi s’estomperont un jour. Ainsi que ce poids sur son coeur. Laisser la musique l’envahir est la seule chose qu’il puisse faire pour le moment. Fermer les yeux et s’abandonner à ces mélodies qui font ressurgir les larmes contenues. Et ne pas penser à demain.
 

L’instant présent

10 sept
J’ai déjà écrit ce post. En fait j’ai rédigé une page pour raconter mon week-end et j’ai trouvé ça incroyablement chiant ! Je trouvais un peu assomant d’évoquer le film le plus laqué de l’année dont vous avez pu lire les critiques partout – même si j’aime bien la B.O. j’ai toujours « good morning Baltimore » et « You can’t stop the beat » en tête – d’évoquer une pièce de théâtre sans intérêt, ou encore la soirée la plus bloggée de la rentrée certes très bien, mais qui a été commentée ici, là, sans oublier sur ce blog et celui-ci et même et j’en oublie sûrement une bonne dizaine ! La seule activité qui aurait pu faire l’objet d’un post intéressant et inédit pour les lecteurs avertis et exigeants est la très belle exposition temporaire au musée d’Orsay mettant en lumière le marchand d’arts Ambroise Vollard qui a fréquenté les plus grands artistes de son temps… Mais j’en parlerai plus en détail une prochaine fois. Pour l’heure j’ai envie de m’attarder sur un événement anodin.

Alors que je rentrais du cinéma dimanche soir, profitant du beau temps je me suis posé place des Vosges à déguster un fallafel, perdu dans mes pensées, à regarder le monde tourner. Une activité que j’affectionne particulièrement (j’ai dû être moine contemplatif dans une autre vie…) En quoi ça consiste me direz vous ? A s’approprier les détails du quotidien, leur rendre toute leur magie. Apprécier le visage radieux d’un enfant qui voit son panorama tendre vers l’infini lorsque son père le prend sur ses épaules, le geste tendre de deux garçons qui se prennent par la main à l’orée du marais, de deux amoureux qui entament un pas de danse dans la rue au rythme de leur ipod qu’ils partagent, ou tout simplement ressentir la brise sur mon visage… Je ne comprend pas les gens qui se noient dans leur quotidien et ferment les yeux sur la beauté simple de l’instant présent. On pourra me rétorquer que je suis jeune en bonne santé, que j’ai une bonne situation ou au moins un travail, patati patata. Là n’est pas la question. Certaines personnes ne savent pas être heureuses apprécier ce que la vie leur apporte. Elles rêvent de lendemain meilleur sans comprendre qu’aujourd’hui est déjà exceptionnel. J’ai parfaitement conscience du nombre de connards qui peuplent cette Terre, et que personne ne va me dérouler un tapis rouge. Mais j’ai encore plus conscience du caractère éphémère de chaque instant, de chaque sentiment. Et je compte bien en profiter ! « la vie est belle et vous êtes comme elle » !! Je vis dans un monde de bisounours, je l’assume et le revendique ;-) et le premier qui me fait une réflexion sur ma candeur, je lui casse sa geule contre le pavé avant de lui broyer chaque doigt en écoutant les phalanges craquer ! hein ? comment ça c’est pas bisounours ? ;-)

 

Coming out of the closet

09 août
Le coming-out. Ce moment où l’on se décide à déclarer à ses proches que l’on préfère les personnes du même sexe que soi… Un mauvais quart d’heure, une épreuve, un calvaire ou au contraire une simple formalité pour les plus chanceux, mais une étape obligatoire afin de s’assumer. C’est un événement difficile à concevoir pour des hétéros (malgré les efforts de nos ami(e)s pour l’imaginer). Eux n’ont pas déclarer leur hétérosexualité (j’emploie volontairement le mot déclarer à la place d’avouer qui pour moi comporte une connotation péjorative qui m’insupporte…). Imaginez ce que celà pourrait donner d’inverser la donne :

Mais on en est pas encore là !! En écrivant ces lignes je repense à l’un des films – à thématique gay – qui m’a le plus marqué durant mon adolescence : Get real (en français comme un garçon). le coming-out de Ben Silverstone m’avait fait chialer à l’époque et le ferait sûrement encore aujourd’hui. : « Je suis un élève de ce lycée. J’ai 16 ans et je suis homosexuel. Quelqu’un a écrit sur la véritable vie d’un être n’était pas celle qu’il avait mené. J’aimerais pouvoir mener ma vraie vie. Si j’écris cet article c’est parce que je suis en colère et parce que je veux vous faire bien comprendre à vous tous, parents, que supposer que vos enfants sont hétérosexuels peuvent leur causer beaucoup de souffrance. »

J’ai la chance d’avoir des amis géniaux, et une famille adorable. Mais l’appréhension, la peur du rejet a été une donnée inhérente à mon adolescence. Je l’évoque facilement aujourd’hui car avec le recul je me suis rendu compte qu’il ne s’agissait – dans mon cas, mais finalement peut-être celui de beaucoup d’autres – que d’une crainte irrationnelle engendrée par notre société hétérocentrée. Le croquemitaine n’était plus caché sous mon lit près à me dévorer si je ne me blotissais pas sous ma couette, il était en moi, rongeant mes velléités d’émancipation. Il est absurde de penser que les gens vont vous rejeter. Ils rejettent l’idée de l’homosexualité parce qu’on leur a appris à raisonner de cette manière. Mais qui sont ces gens ? vos pères, vos mères, vos frères et soeurs, vos ami(e)s qui vous apprécient pour ce que vous êtes, pour vos qualités et aussi – et peut-être même surtout – pour vos défauts. Et il est inutile d’attendre le moment idéal, il n’existe pas ! Après certaines manières de présenter les choses sont plus… comment dire… habiles que d’autres :

Le but de ce post n’était au départ que de présenter ces deux pubs, et me voilà parti dans une théorie fumeuse sur le coming out. Voici sans doute mon post le plus personnel depuis que j’ai créé ce blog… mais parfois l’esprit s’emballe et les doigts sur le clavier ne font que suivre.

« Ne changez surtout pas ce que l’on vous reproche, car c’est vous » (Jean Cocteau)