RSS
 

la nouvelle campagne de AIDES

22 jan

le buzz du jour ! Vraiment réussie :

 

pleurer au grand jour

07 jan
Nous étions tous réunis. Des amis, mais aussi de nombreux visages que je croisais au lycée, qui avaient muris depuis la fac et dont j’ignorais le prénom. Leurs parents, et pleins de personnes que je ne connaissais pas. Et Lui naviguait avec son t-shirt col roulé et manches longues d’un bleu trop vif qui dépareillait au sein de cette foule en tenues sombres. Il luttait pour ne pas se noyer. Tous le savaient, mais lui restait impassible. Il avait choisi de se montrer fort, plus fort que cette douleur qui nous emportait tous. Il serrait des mains, esquissait de vagues sourires. Il s’est approché de moi et m’a remercié d’être présent. J’ai bredouillé une réponse probablement très banale. Il est des situations où les mots ne valent pas grand chose. Alors que je songeais à essayer de le réconforter, une amie d’enfance me voit et tombe en pleurs dans mes bras. Cet enterrement réunit toute une génération solidaire face  à cette vie qui a fauché l’un des nôtres trop tôt, beaucoup trop tôt… Nous étions ensemble au collège et avions beaucoup d’amis en commun. Pourtant, même si j’étais touché par ce décès, j’étais surtout venu pour Lui. Lui le survivant. Il m’a appelé quelques jours plus tôt pour m’annoncer le décès de cet ami commun. Un banal accident de voiture. L’un est décédé sur le coup. L’autre s’en est sorti indemne. Avaient-ils trop  bu ? Je n’ai jamais eu l’indélicatesse de poser la questions, de toute façon, la curiosité ne ramène pas les morts. J’avais été particulièrement étonné par la manière dont il m’a annoncé la nouvelle. Il aurait utilisé le même ton pour m’inviter à une quelconque soirée. Un ton neutre, vide d’émotions. J’imagine en y repensant aujourd’hui qu’il avait dû appeler d’autres personnes avant moi et qu’il le faisait mécaniquement… Pourtant je n’étais pas n’importe qui pour lui, et surtout, j’étais le seul à pouvoir comprendre.

Il utilisait ce même ton monocorde pendant son allocution dans une Eglise pleine à craquer. Toute la ville s’était déplacée pour rendre un dernier hommage au défunt. Après que son ami d’enfance eut rendu un vibrant hommage remuant des souvenirs que j’avais aussi partagés et qui me serraient le coeur, il avait pris la parole pour entamer un discours sans âme, évoquant de froides données factuelles  comme son brillant parcours scolaire ou ses aptitudes sportives là où on aurait plutôt aimer qu’il nous raconte quelques anecdotes. Nous savions tous qu’il utilisait ces mots pour se blinder et ne pas craquer. Nous le comprenions intuitivement. Pourtant, j’étais probablement le seul à comprendre la portée de ses paroles, ou plutôt le véritable sens caché derrière ces platitudes.

« je suis homosexuel, j’étais éperdument amoureux de cet homme que vous pleurez tous aujourd’hui et qui ne voyait en moi qu’un ami. Je l’ai vu mourir sous mes yeux, je suis dévasté, et pourtant vous ne le saurez jamais… » Voilà la réalité. Seulement  dans une petite ville comme la notre, il avait choisi comme d’autres – dont moi – de taire sa préférence sexuelle. Il prenait soin de toujours séparer ses frasques et sa vie sociale afin que rien ne le trahisse. J’étais la seule exception à l’époque puisque j’avais été son premier amant et que nous avions été amis. J’étais le seul à avoir pleinement conscience du lien qui unissait ces deux hommes et une partie des larmes que j’ai versées ce jour là, l’ont été pour cette raison.

Aujourd’hui encore, j’ignore s’il s’en est remis. Lui qui excelle dans l’art de masquer ses sentiments ne s’est dévoilé qu’une fois en ma présence  de nombreux mois plus tard. Il s’en voulait énormément de n’avoir pas pu exprimer ce qu’il ressentait ce jour là. Je pense qu’il a apprécié que je lui dise qu’au moins une personne dans l »assistance avait compris ses véritables sentiments et toute sa détresse. Quelque chose s’est brisé en lui suite à cet accident. La perte d’un être aimé est forcément particulièrement douloureuse mais ne pas pouvoir exprimer sa douleur, porter le deuil ou simplement ne pas pouvoir dire au revoir est insoutenable.

On me demande parfois pourquoi je ne suis pas plus « discret » avec ma sexualité, pourquoi je « m’expose », même si dans mon « cas » ça ne se « voit pas ». Pour Lui. Pour que d’autres Lui puissent avoir le droit de pleurer un être cher, de chérir son souvenir et d’aimer au grand jour.

 

heureux

09 nov
Ça va tellement vite ! J’ai l’impression qu’hier encore j’étais au bord de la mer. C’était l’été, le soleil caressait mon visage qui comme d’habitude se refusait à bronzer. Le road-trip aux USA, les vacances à Arcachon… C’était il y a quelques mois. Et pourtant, j’ai l’impression qu’on parle d’une autre époque. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Les journées se succèdent à un rythme effréné : mon boulot est palpitant et particulièrement prenant et même si je suis payé une misère, je suis content d’aller bosser dans le monde merveilleux des dessins animés (même si j’ai toujours autant de mal à me lever le matin…). Mes journées sont plus longues : Je me lève plus tôt afin d’aller chez le kiné, qui essaie de retaper mon corps tout cassé : « discopathie dégénérative » qu’il m’a dit… ça claque comme nom, et ça fait aussi mal que ça en a l’air ! Résultat des courses, je suis privé de karaté, et je sens que ma condition physique s’approche désormais du niveau de Marianne James… Bon, je ne me plains, pas, je me fais masser par un kiné compétent mais qui a un défaut : il faudrait qu’il comprenne qu’essayer de faire la conversation à un Matorif à 9hOO du mat’, c’est de la science-fiction !Mes journées, ne se sont pas rallongées uniquement avant le boulot ! Après 3 ans de coloc, je me suis décidé sauter le pas et investir dans la pierre. Depuis mi-août, je me suis mis en quête de mon Graal, de mon futur nid douillet. j’ai découvert le monde merveilleux impitoyable de l’immobilier parisien avec ses épluchages d’annonces, ses visites d’appartements… entre midi et deux, le week-end… et le 31 octobre, jour des citrouilles - SFX : roulement de tambour - j’ai enfin trouvé l’appart de mes rêves ! 38 m² de bonheur dans le nord de la capitale ! Et alors qu’on croit que le plus dur est fait, on se rend compte qu’on a 45 jours pour se prostituer auprès des banques afin qu’elles vous financent votre acquisition à un taux d’usurier défiant toute concurrence.

Et puis, je trouve toujours le temps de suivre les histoires de cul coeur de mes amis, et essaie de leur prodiguer le cas échéant des conseils qu’ils ne suivent jamais, même s’ils me disent 3 mois après que j’avais raison… Chaque séance de coaching sentimental étant l’occase d’une bonne bouffe ou d’une beuverie mémorable, on ne s’ennuie pas !

Et ce week-end, entre deux visites à la banque et une petite soirée avec des potes, je me suis retrouvé chez moi, et j’ai pris la peine de souffler. J’ai arrêté de courir après mon agenda. Je me suis mis à mon piano, que j’avais délaissé depuis un moment. J’ai regardé le ciel et j’ai réalisé quelque chose d’essentiel

Je suis HEUREUX. Heureux d’avancer dans la vie, heureux d’avoir tous ces amis, heureux de revoir ma famille bientôt, et surtout.. heureux d’être avec LUI.

 

La troisième mi-temps au rugby… encore plus fort que la biscotte !

05 nov

Alors qu’avec la nouvelle année le calendrier des Dieux du stade approche, cette petite vidéo de 2007 qui a déjà fait le tour de la toile nous rappelle que les petits anglais savent aussi se débrouiller :

Originaire du sud-ouest, j’aurais bien aimé que les rugbymen de ma région soient aussi… euh… gay friendly ? pour ne pas dire ouvert !

J’essaie de compenser mon manque d’assiduité par des vidéos et des titres racoleurs… Mais je sais que vous ne m’en voudrez pas car ils sont bien mignons quand même !

 

Winnie, gros pervers !

18 oct

Les dessins animés pour enfants ont bien changé…

 

My amazing gay pride in San Fransisco

03 août
Alors que nous organisions notre road trip dans l’ouest américain, nous nous sommes rendu compte que nous y serions pendant la gay pride. Nous avons décidé unanimement de ne pas laisser passer l’occasion et de la célébrer dans l’endroit le plus emblématique de la communauté gay : San Fransisco !! J’éprouve une attirance pour cette ville depuis de nombreuses années. Les livres de Armistead Maupin n’y sont pas étrangers. Les chroniques de San fransisco m’ont dépeint la ville comme un havre de paix à la fois sulfureux et zen. J’étais résolu à découvrir la ville même sans madame Madrigal…
 
Michael Jackson est la marraine involontaire de  cette gay pride 2009.  Les chansons du king (queen ?) of pop décédé quelques jours plus tôt résonnent dès le matin, même dans les endroits les plus improbables…
La Gilde Memorial Churchcélèbre la disparition de l’artiste à sa manière : en mode chorale karaoké. Un « we are the world » résonne dans les alcôves Les choristes ainsi que les fidèles portent un t-shirt rose où l’on peut lire : « we marry everybody ». Ils ont choisi ce slogan afin de marquer leur différence, après le rejet de la proposition 8 autorisant le mariage gay dans leur Etat. tous défileront dans les rues. Pour le moment, ils nous enjoignent à prier pour le repos de Michael Jackson et Farrah Fawcett (J’adore les Eglises pipole !)
 
La traditionnelle marche de la Gay pride démarre sous les coups de 11h… et donne une idée de l’importance de la communauté gay de la ville. San Fransisco est gay friendly et le fait savoir. Quelques habitants croisés la veille étaient heureux de nous savoir en ville pour la pride. Pas la Gay pride. La pride. Tous sont fiers et participent à l’événement. Pas seulement les gays,  les lesbiennes et les transgenres, mais tous les habitants et franchement, ça change tout… les photos les plus improbables sont prises sur le vif, les tenues les plus extravagantes font leur apparition tandis que parade poursuit son bonhomme de chemin. Les accords de Thriller retentissent au loin. Notre marraine nous accompagne…
 
La foule se rassemble au Civic Center, la place de l’hôtel de ville. Je suis émerveillé par la diversité de la population… Les mecs en slips de flics cotoient les naturistes, la dominatrice SM et les acteurs porno… Un joyeux n’importe quoi dans la bonne humeur entre musique électro et saucisses frites… Je me laisse aller à imortaliser cette population bigarée tellement réprésentative de la communauté gay. Cette manifestation est un paradis pour tout photographe en herbe et un exercice de style. Pas évident de capturer ces instants…
 
A la fin de la journée, nous avons beaucoup dansé, beaucoup ri, et même bronzé ! Nous retournons épuisé à l’hôtel, des images plein la tête. Parmi celles-ci, une se détache. Ce drapeau qui s’est levé spontanément devant mon appareil au moment ou j’immortalisait le passage du cortège. Tout un symbole…
N.B. si les photos ne s’affichent pas correctement, cliquez dessus, elles apparaîtront normalement.