Cet été, les majors US occupent le terrain comme à l’accoutumée, avec des divertissements de qualité (Harry potter et l’ordre du phénix, Les simpsons le film) ou pas (Transformers). La seule présence française notable est l’excellent Persepolis qui devrait franchir le million d’entrée en fin de carrière. On est loin des 5 millions de Camping - sorti en avril mais qui a cartonné toute la saison dernière – mais le succès de ce film au graphisme si particulier est au rendez-vous malgré une thématique pas vraiment grand public. Les plus attentifs aux sorties confidentielles n’auront pas manqué quelques merveilles comme The bubble ou la traversée du temps (mes deux coups de coeur de l’été). Et ces mêmes cinéphiles mélomanes se seront peut être fait avoir par un Electroma désespérant de nullité… Sans oublier les festivals qui proposent quelques bons films récents ou moins récents (Marie-Antoinette, La splendeur des Amberson…)
A défaut de plage, mon été sera rempli de formidables aventures !! Je crois que je vais me laisser tenter par la carte illimité UGC/MK2…
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Orgies d’images !!
Time waits for no one
Ne vous fiez pas à l’apparente simplicité de l’histoire. Le magnifique scénario de cette fable moderne vous renverra à vos propres doutes : le temps est un concept fascinant. Qu’on le veuille ou pas, il poursuit son cours inéluctablement. Qui n’a pas pourtant jamais souhaité avoir agi différemment à un moment ou à un autre de sa vie ? Qui n’a jamais regretté cette occasion qu’il n’a pas su saisir ? Qui n’aurait pas voulu prolonger ces instants – qui pourtant paraissent déjà hors du temps – avec l’être aimé ? La traversée du temps réalise nos phantasmes tout en soulignant l’absurdité d’un tel raisonnement. La jeune héroine est un garçon manqué qui ne veut pas grandir. Dès lors qu’un événement vient perturber le fragile équilibre de sa vie, elle met tout en oeuvre pour éviter l’enchaînement de circonstances qui l’a provoqué, créant par là même une alternative potentiellement tragique.
La France constitue le deuxième marché de mangas au monde (derrière le Japon), et devient donc – pour mon/notre plus grand plaisir – un passage incontournable pour l’export de japanimation. Nous sommes donc le premier territoire étranger à accueillir ce film qui a déjà rencontré un vif succès auprès des professionnels : Meilleur Film d’Animation dans trois Festivals – Festival International de Stiges, Festival International du Film de Catalogne en Espagne, Festival du Cinéma d’Animation de Waterloo au Canada – et a reçu de nombreuses récompenses dans son pays d’origine au très réputé Tokyo Anime Fair (l’équivalent des oscars pour l’animation) : Film d’animation de l’année, Meilleur réalisateur, Meilleure histoire originale, Meilleur scénario, Meilleure direction artistique et Meilleur design, s’il vous plaît ! La traversée du temps a été produit par les Studios madhouse qui ont le vent en poupe en ce moment puisqu’ils sont à l’origine de nombreux succès d’animation qu’on a pu voir en France : Les chroniques musicales de Beck (sur europe2tv), , le sexy Enfer et paradis (sur gameone), L’angoissant Monster (sur canal+), en attendant le fabuleux Deathnote…
J’aime ces intrigues qui nous distraient de manière intelligente en essayant de nous transmettre un message par le biais de leurs héros-ines. Par l’intermédiaire de Makoto, l’auteur nous met en garde contre notre envie constante – et pourtant tellement humaine – de ressasser le passé Mais au final, ne vaut-il pas mieux profiter au maximum de l’instant présent ? Après tout, le temps n’attend personne…
Les chansons d’amour finissent bien… parfois !
Les points de départ permettant d’émettre un avis sur un film sont multiples : on peut évoquer le scénario, la mise en scène, le jeu des acteurs, le rythme global, la qualité de la photographie, le décor, les costumes… émettre un avis n’est pas forcément critiquer. Critiquer n’est pas nécéssairement négatif, pourtant l’acception qui en est faite par de nombreux critiques – les biens nommés – consiste parfois à dénigrer un film sur ces critères que l’on dit objectifs.Les chansons d’amourest a bien des égards un film qui laisse un goût d’inachevé. Le scénario sous forme de pièce en trois actes paraît simpliste, décidé en un trait de plume sur une feuille qui devait être définitivement trop blanche. Les dialogues et les chansons reflètent le scénario dont ils sont issus. Peu d’originalité, quelques bons mots, mais des airs qui ne rentreront définitivement pas dans le hit parade malgré leur refrains entêtants. La réalisation quant à elle reprend les schémas classiques du cinéma français : énormément de plans caméra-épaule afin de se sentir au plus prêt des comédiens, des mouvements de caméras parfois aproximatifs, et des longueurs dont le sens échappe au commun des mortels.
Les critiques utilisent un prisme. Celui du professionnalisme. Ils voient un nombre conséquent de films par an (plus d’unecentaine alors que la moyenne par français est – de mémoire – inférieure à 5)et parfois négligent l’élément premier qui les a conduit à ne vivre que pour le 7ème art. Les chansons d’amourest pour moi un film techniquement moyen. Mais ces mêmes défauts participent à la création d’unensemble- fragile certes – ne pouvant laisser indifférent le spectateur. Les trois actes paraissent brouillons ? ils sont autant de marqueurs temporels, d’indicateurs d’un changement dans la narration et dansl’attitude du personnage principal. La réalisation un peu trop « film français » ? elle sied pourtant si bien cette atmosphère ou la vie etla mort s’entremèlent continuellement.
Quel est alors l’élément premier qui a convaincu ces hommes et ces femmes que leurvie serait désormaisintimement liée aux salles obscures ? Ce sentiment qui fait que l’on est touché par un film comme je l’ai été par Les chansons d’amour. Cet instant ou les larmes ne peuvent s’empêcher de couler alors que quelques minutes plus tôt l’on riait aux éclats. Dès lors qu’un film parvient à ce tour deforce, qu’importe la technique. Elles’efface. Seule demeure… l’émotion.












