« Dans la seconde moitié du xxe siècle commence une baisse de niveau, qui s’est accélérée ces vingt dernières années. En février 2007, Danièle Manesse et Danièle Cogis (maître de conférences à l’IUFM de Paris) ont montré que les élèves d’aujourd’hui avaient deux années scolaires de retard en orthographe par rapport aux élèves d’il y a vingt ans. Les collégiens de 5e de 2005 sont au niveau des CM2 de 1987. La maîtrise orthographique, surtout en orthographe grammaticale, chute indéniablement. »
Pratiquer la langue de Molière deviendrait sous peu un luxe réservé à une « élite » à l’instar du latin d’autrefois. Deux choix s’offrent alors. Céder à la mode du « retour aux fondamentaux » en octroyant une place plus importante à l’enseignement du français (orthographe et grammaire), au détriment d’autres matières ou rendre à la plèbe ce qui lui appartient et entreprendre une réforme d’envergure de notre langue comme cela a déjà été le cas par le passé. Quel serait alors le visage de ce français nouveau ?
« supprimer les doubles consonnes inutiles pour la prononciation. Ne pas toucher à « acceptable » ou à « laisser », évidemment, mais enlever un « l » à« collège », un « f » à « difficile » ou un « n » à« innocent ». Cette réforme nous rapprocherait de l’Europe. Dans les langues romanes voisines, espagnol, italien, portugais, roumain, ce doublement n’a jamais existé, ou a été supprimé. « Appeler » s’écrit apelar en espagnol. Pourquoi ne pas l’écrire « apeler » ? [...] On écrirait une « ipotèse » (ipotesi en italien), une « bibliotèque » (bibliotecaen espagnol, italien, portugais, roumain), une« biciclette », une « cronique », un « daufin »… »
La langue est un outil de communication en mouvement perpétuel. Chaque génération y impose sa marque. La notre sera celle de l’écoemballage, du XML, du novlangue (tiens, tiens…) ou encore du hype (pour ne citer que les mots ajoutés dans l’édition 2008 du Robert). Certains mots cessent d’être utilisés. Bernard Pivot avait demandé à des écrivains de parrainer des mots qui à défaut d’être usités menaçaient de disparaître. Personnellement j’avais choisi « derechef » que j’avais découvert en lisant Tolkien et qui m’avait beaucoup amusé à l’époque.
Aujourd’hui j’ai grandi et je vous propose de créer un mot. Libre à vous de l’adopter si le coeur vous en dit :
La crapusieste : nom féminin. Néologisme. Composé de Crapuleux et de sieste. Se dit d’un moment de détente, où caresses et luxure se mélangent entre deux amants (ou plus) durant un après-midi.
Ce post m’a donné l’occasion de rouvrir mon « Petit Larousse grand format » 2005 qui, à l’occasion de ses 100 ans comportait un feuillet spécial de « mots retrouvés » tels archimagie, baisure, biloquer (verbe signifiant labourer profondément), croque-note, gogaille (un repas joyeux), méloplaste ou encore orthologie (l’art de parler correctement). Cette édition du Larousse est dessinée par Christian Lacroix et s’avère bien plus rose qu’à l’accoutumée. Je suis gay jusque dans le dictionnaire !!
