Toutes les familles ont leurs histoires, leurs secrets. Polyphème nous a présenté avec talent celui de sa cousine Circé. A mon tour…
L’histoire que notre père raconta ce jour là, fût particulièrement troublante. Bien que né à Paris, il a toujours eu une tendance à l’exagération, caractéristique typique des gens du sud mais plus exotique si l’on tient compte de ses origines nordiques (ma famille est un peu difficile à comprendre parfois). Le ton de sa voix ne laissait pourtant planer aucun doute quant à la sincérité de ses propos. Mon père habitait à proximité de chez mes grands parents (3 heures de route alors que les autres vivaient dans un autre pays…). Il a effectué de nombreux allez/retour afin de soutenir ma grand-mère alors que mon grand-père était sur son lit de mort. Le soir de son décès il était bien entendu là-bas dans leur grande maison isolée au fin fond de la Dordogne. Lorsqu’il est finalement parvenu à s’assoupir, c’est pour retrouver en rêve celui qui venait de passer de vie à trépas. Dans son rêve, mon grand père hurlait à une personne que mon père ne pouvait voir qu’elle « n’avait pas le droit de faire ça ». Sa voix résonnait avec une telle violence que mon père s’est alors réveillé en sursaut. Il a évidemment mis cet étrange cauchemar sur le compte de la fatigue et du traumatisme dû au décès d’un proche. Il tenta tant bien que mal de se rendormir tout en notant que la lumière du salon était encore allumée à cette heure tardive…
Le voiture continua à rouler pendant un moment sans que personne n’ose interrompre le silence pesant provoqué par ces révélations. Tous les passagers connaissaient suffisamment ma grand-mère pour considérer cette hypothèse comme plausible. Il aurait suffit que mon Grand-père veuille céder un objet à une personne qu’elle n’appréciait pas pour qu’elle détruise l’ensemble du testament. Mais cette hypothèse reposait tout de même sur un cauchemar de mon père ! Pourtant je ne pourrais pas dire qu’il est d’habitude sujet aux théories ésotériques. Je le qualifie plutôt de cartésien, ce qui donnait encore davantage de poids à ses propos.
Cette théorie n’a jamais été étayée par aucun indice, mon père aurait eu bien du mal à justifier ses doutes ! Une seule certitude demeure : personne n’a jamais retrouvé le testament de mon grand-père…
